• REIMS (Marne). Au lycée Roosevelt de Reims, François Fillon s'est félicité hier des dispositifs des « cordées de la réussite » en matière de soutien des jeunes vers l'enseignement supérieur. Mais un chef de gouvernement, cela fait des annonces, déplace des manifestants et des adversaires politiques aussi. Récit d'une après-midi chargée.

     

    «L'EXPÉRIENCE est parfaitement réussie. A nous d'en tirer le plus de conséquences possibles. » François Fillon n'a pas ménagé ses louanges après l'entretien, hier après-midi au lycée Roosevelt de Reims, avec les acteurs des cordées de la réussite dans l'Académie de Reims. Ce dispositif qui permet à des lycéens méritants de bénéficier d'un soutien complémentaire afin de découvrir les filières menant à l'excellence. Maire de Givet, élève du lycée Arago de Reims bénéficiant de ce soutien, principal du lycée de Revin, parents d'une élève repérée pour ses aptitudes et intégrée à l'opération ou président de l'université, sans oublier les chefs des dix-neuf établissements sources répartis dans les cinq départements, tous ont apprécié les félicitations du Premier ministre.
    CRS contre manifestants
    Dehors, certains ruminaient la charge des CRS avant l'arrivée des personnalités pendant qu'une dizaine de manifestants plus malchanceux reprenaient leurs esprits au commissariat (lire page suivante). C'est qu'une visite d'un chef de gouvernement, accompagné de deux ministres, cela interpelle, suscite les convoitises et déclenche une passion à la mesure de la rareté de l'événement.
    En 1 h 30 chrono à Reims, François Fillon a serré des dizaines de mains, posé des questions aux jeunes et professeurs, écouté les réponses, mais pas reçu de doléances. Et forcément, une telle visite se termine toujours avec une allocution solennelle devant un auditoire bien sage. Sage, à l'image de ces lycéens rencontrés hier, tout intimidés d'avoir échangé avec le chef du gouvernement. Il faut dire que

    ces élèves sont soit bénéficiaires du dispositif des cordées de la réussite, donc repérés pour leurs résultats prometteurs, soit des étudiants de prépa, tuteurs d'élèves de seconde. Ces « cordées de la réussite », évolution des « filières de l'excellence », ils en sont les acteurs conquis, donc.
    Débloquer l'ascenseur social
    Et dans son discours sur « l'égalité des chances », François Fillon, en plus de brosser « les enseignants remarquables qui ont le sens de leur mission », a résumé le dispositif, expliquant que « quand l'ascenseur social est bloqué, c'est le devoir de la République que de descendre les escaliers pour aller repérer les talents et de les aider à réussir ». Le Premier ministre entouré de Luc Chatel, ministre de l'Education, et Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur, a bien évidemment fait quelques annonces pour renforcer le dispositif comme la mise en chantier de 20 résidences sociales étudiantes soit deux mille places pour la rentrée 2011, la création de centnouvelles classes prépa et la suppression des frais d'inscription aux grandes écoles pour les élèves boursiers d'ici à 2011.
    François Fillon en a aussi profité pour répondre à Adeline Hazan, la maire PS de Reims, et au président du conseil régional, le divers gauche Jean-Paul Bachy, en confirmant des promesses gouvernementales.
    Mais les deux élus, après avoir accueilli le Premier ministre à son arrivée, n'ont pu les entendre, ayant quitté les lieux depuis un bon moment déjà. Alors, mission accomplie, le Premier ministre s'en est retourné avec son escorte à Paris.

    Source : http://www.lunion.presse.fr/index.php/cms/13/article/385332/Fillon_a_Reims_____Vous_illustrez_de_facon_exemplaire__l_egalite_des_chances


  • La Conférence des présidents d'universités (CPU) a annoncé jeudi dans un communiqué qu'elle "ne pouvait pas accepter" le dernier projet en date de réforme de la formation des enseignants, et demandé aux ministères concernés de "revenir sur les schémas proposés".

    "Telle quelle, la réforme n'est pas à la hauteur des enjeux et ne permettra pas d'atteindre les objectifs qu'elle se donne: améliorer la formation des futurs enseignants en élevant leur niveau de recrutement", a estimé la CPU.

    Cette réforme, dite "masterisation" car elle prévoit de recruter les futurs enseignants au niveau master 2 (bac+5), avait été l'un des motifs centraux de la contestation universitaire du printemps et, de ce fait, repoussée d'un an.

    Elle prévoit que la formation incombe aux universités via des masters, et non plus aux Instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM).

    Les deux ministres chargés de ce dossier, Luc Chatel (Education nationale) et Valérie Pécresse (Enseignement supérieur), ont rendu la semaine dernière des arbitrages sur la place des concours d'enseignants, le contenu des épreuves de ces concours et le contenu des masters.

    "Les propositions dessinent un schéma de formation incohérent et composite. De plus (elles) semblent ignorer la logique des masters, cursus universitaires de spécialisation, adossés à la recherche avec des modes de fonctionnement et des calendriers adaptés aux enjeux de formation et aux standards européens et des modèles de formation professionnelle référencés", a estimé la CPU.

    Pour elle, la réforme "doit comporter une dimension intrinsèquement universitaire articulant exigences scientifiques et professionnalisation".

    La CPU regrette en particulier que les derniers arbitrages "semblent ignorer" la contribution qu'elle avait remise en juillet, "voire sur plusieurs points en prendre le contre-pied".

    De un communiqué séparé, la Conférence des directeurs d'IUFM (CDIUFM) a dénoncé "une parodie de concertation pour tenter de justifier de très mauvaises propositions".

    Source : http://www.vousnousils.fr/page.php?P=data/autour_de_nous/l_actualite_du_jour/depeches_de_l_educat/&key=20091119&key2=091119182826.67sbmodx.xml


  •  

    (KL/CP – photos KL) – Cela devrait rappeler de mauvais souvenirs à plus d’un étudiant strasbourgeois : l’Université de Fribourg est actuellement occupée par des étudiants en colère, comme de nombreuses universités un peu partout en Allemagne. Nous avons rencontré Jonathan, un porte-parole du mouvement à Fribourg, pour nous expliquer ses revendications et le sens des actions menées.

    Jonathan, quelles sont vos revendications ?

    J : Il y en a plusieurs principales. D’abord, nous voulons que les frais d’inscription et de scolarité soient annulés afin d’assurer un libre accès aux études aux jeunes de toutes les couches sociales. Nous aimerions aussi que  les étudiants s’impliquent plus dans la gestion démocratique de l’université et nous souhaiterions également que le système Bachelor / Master soit révisé. Et finalement, nous aimerions que la soumission de l’université aux nécessités économiques cesse.

    Mais vous ne pensez pas qu’une relation plus forte entre le monde économique et l’université puisse être bénéfique pour mieux orienter vos études vers des débouchés concrets ?

    J : C’est une opinion qui se défend. Par contre, si aujourd’hui des projets de recherche ne sont financés qu’à condition d’avoir trouvé en aval les applications industrielles d’une telle recherche, c’est un mauvais pas. Bon nombre des grandes inventions de l’humanité n’ont prouvé leur rationalité économique que des années plus tard seulement. La recherche fondamentale est menacée. Les études doivent être plus qu’une simple préparation professionnelle.

    Vous avez occupé l’université. Comment vont se passer les choses maintenant ?

    J : Effectivement, l’université est occupée. Pour l’instant, le recteur n’a pas utilisé son droit d’évacuation et le dialogue est en cours. Les positions du recteur ne sont pas vraiment éloignées des nôtres pour bon nombre de nos revendications.

    La situation pourrait-elle trouver une solution paisible, sans l’intervention des nombreuses forces de l’ordre de la ville ?

    J : La situation ne peut se débloquer que de manière paisible ! Il s’agit d’apporter des réponses aux problèmes soulevés et cela ne sera possible que par le dialogue. Toutefois, nous sommes déterminés à poursuivre cette occupation des lieux aussi longtemps que nécessaire. Afin d’assurer la poursuite des cours, nous avons créé un comité chargé d’élaborer un plan d’enseignement alternatif qui prend en compte la situation actuelle.

    Quelles actions sont-elles prévues ces prochains jours ?

    J : Pour cela, nous avons un autre comité, le comité d’action. On organise des «flash-mob» au centre ville, des rencontres, des débats ou des concerts de percussions en ville où tout le monde peut participer. Malgré cette situation, nous souhaitons rétablir le plus vite possible le déroulement «normal» des cours.

    Toute réforme coûte d’abord de l’argent. Pensez-vous que vos revendications puissent aboutir ?

    J : Je ne suis pas d’accord. Notre revendication d’un supplément de démocratie à l’université peut être mise en œuvre dans le budget courant, il suffit de changer d’attitude et d’adapter les procédures. En ce qui concerne le Bachelor / Master, il s’agit de revenir sur une réforme qui, elle, aura coûté beaucoup d’argent. Par conséquent, nos revendications ne sont pas seulement là pour améliorer la vie à la fac, mais même pour générer des économies.

    Source : http://2-ufer.com/?p=3517


  • Le groupe de travail sur le versement de 10 mois de bourses sur critères sociaux aux étudiants a été installé ce mardi 17 novembre par Valérie Pécresse et Martin Hirsch. PDE y portera des contributions de nature à améliorer le financement de nos études mais met en garde dès aujourd'hui contre les biais qui pourraient intervenir.

    Un droit pour chaque étudiant

    PDE se félicite de l'obtention d'un 10e mois de bourses, et rappelle qu'aujourd'hui une majorité d'étudiants suivent 10 mois effectifs, en prenant en compte le périmètre large de la formation universitaire (cours, TD, TP, mais également les stages, les sessions d'examens,...), Les bourses sur critères sociaux permettent à plus de 500 000 étudiants de disposer d'une aide pour financer leurs études dans de meilleures conditions. Ce dispositif est construit sur le principe d'un droit annuel et, à conditions sociales égales, la bourse est la même, quelque soit la formation. PDE demande que ce principe fort soit maintenu, en proposant à chaque étudiant un droit à 10 mois de bourses dès la prochaine rentrée universitaire.

    Une opportunité d'amélioration pour nos formations et nos diplômes

    Si une majorité des formations sont déjà construites sur dix mois, toutes ne le sont pas encore. L'extension à 10 mois de bourses doit encourager les établissements à construire leur offre de formations sur l'ensemble de l'année universitaire, de septembre à juin. Cette évolution de l'offre doit se construire sur des modules d'acquisition de compétences transversales et de remise à niveau, des stages de pré-professionnalisation, des périodes de découverte de l'université pour les primo-entrants ou encore une réflexion plus profonde sur l'organisation générale de l'année universitaire.

    Néanmoins, PDE émet de profonds doutes quant à la création d'un « label » pour les établissements proposant dix mois de formations. En effet, créer un dispositif à deux vitesses n'est pas acceptable en matière d'aide sociale ! Comment expliquer à deux étudiants suivant le même parcours mais dans deux établissements différents qu'ils n'auraient pas droit aux mêmes aides ? Nous souhaitons donc que tous les étudiants aient accès au 10e mois de bourse dès la prochaine rentrée universitaire, et nous encourageons les équipes pédagogiques à mettre une formation sur dix mois, qu'elles soient assurées du soutien des élus associatifs.

    Des travaux à poursuivre

    PDE rappelle que le 10e mois de bourse était une des mesures proposées par le livre vert de la commission présidée par Martin Hirsch, à laquelle PDE a été un membre actif. Il est aujourd'hui nécessaire de poursuivre les travaux en faveur de la vie étudiante:

    - Etendre la garantie des risques locatifs (GRL) à tous les étudiants, ce qui éviterait les dépenses très importantes en matière de logement à la rentrée, grâce à la suppression des cautions ;

    - Expérimenter la dotation, comme nouveau pilier en matière de financement de la vie étudiante ; - Supprimer les effets de seuils des bourses sur critères sociaux, rendant ainsi enfin notre dispositif plus équitable.

    Source : http://www.pde.fr/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&cntnt01articleid=271&cntnt01lang=fr_FR&cntnt01returnid=88


  • Présentée vendredi dernier aux syndicats enseignants, la dernière mouture de la « mastérisation » a provoqué un véritable tollé. Une grève est déjà prévue mardi.

    La relative accalmie sur le front de l’éducation nationale est bel et bien finie. Depuis deux jours, les syndicats enseignants sont ressortis du bois, furieux, pour dénoncer, les uns après les autres, le dernier projet de réforme de la formation des maîtres. Cette « mastérisation » (le recrutement des futurs enseignants se fera désormais au niveau master 2, soit bac+5) était au cœur de la contestation universitaire du printemps. Contestation qui obligea finalement le gouvernement à promettre une remise à plat et un report d’un an (à la rentrée 2010) de toute application. Seulement voilà  : cette nouvelle mouture, présentée vendredi dernier aux syndicats, a provoqué un véritable tollé. Du Snes-FSU au SE-Unsa, en passant par le Sgen-CFDT et le Snalc-Csen (classé plutôt à droite), pas une organisation n’est satisfaite des arbitrages rendus par Valérie Pécresse et Luc Chatel. Tout fâche. À commencer par le calendrier. Le gouvernement a souhaité, en effet, que tous les concours aient lieu durant l’année de master 2. Les épreuves « d’admissibilité », notamment, se feront en septembre pour les futurs professeurs des écoles et en décembre pour ceux des collèges et des lycées, soit six mois tout juste avant l’admission définitive.

    « Une situation explosive dans les universités »

    « Ces épreuves d’admissibilité sont beaucoup trop tardives », réagit le Sgen-CFDT, qui souhaitait, avec cinq autres syndicats et l’Académie des sciences, une admissibilité en fin d’année de master 1. Surtout, ces épreuves, tout comme les masters, auront un fort contenu « disciplinaire ». à savoir, ils seront centrés en priorité sur la connaissance des disciplines à enseigner, au détriment de la dimension pédagogique du métier. Pour le gouvernement, le but est de créer une formation suffisamment généraliste pour que les nombreux étudiants qui échoueront chaque année aux concours d’enseignant puissent sortir du supérieur avec un diplôme directement utilisable sur le marché du travail. Pour les syndicats, c’est la garantie, malheureusement, d’une professionnalisation insuffisante. « Enseigner est un métier qui s’apprend, s’agace le SE-Unsa. On envoie dans le mur les futurs enseignants. » Au final, cent huit heures de stages en responsabilité (réparties en deux périodes « facultatives ») seront proposées en M2. « Cela ne suffira pas », peste le Snes-FSU, qui dénonce un « projet inacceptable ». Pour les étudiants, cette année de M2 s’annonce particulièrement imbuvable  : comment pourront-ils cumuler les cours, les épreuves à réviser, les stages en classes avec la préparation des cours, et enfin la réalisation d’un mémoire de recherche validant leur master  ? L’Unef a réclamé de « profondes inflexions », sans quoi elle craint « une situation explosive dans les universités ». De leur côté, les trois syndicats de la FSU (Snuipp, Snes et Snesup) ont appelé à la grève dès mardi prochain…

    Source : http://www.humanite.fr/2009-11-18_Societe_Les-profs-faches-par-la-formation





    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique